L’animation culturelle comme vĂ©hicule pour accomplir son mandatÂ
Connaissez-vous l’animation culturelle? Si oui, en comprenez-vous toute l’importance? «On croit souvent Ă tort que ce n’est que des activitĂ©s parascolaires, mais en fait, ça touche toutes les sphères de la vie des jeunes», explique Louise Allard.Â
Louise, consultante en construction identitaire et en animation culturelle, a animĂ© l’atelier L’animation culturelle au service de la construction identitaire aux Stages de perfectionnement 2025 de l’ACELF. Et une des premières choses qu’elle demande durant son atelier, c’est de ne plus parler d’animation culturelle, mais bien d’actions culturelles. Parce que, comme l’a si bien dit Appolinaire Fotso, directeur gĂ©nĂ©ral de l’Association des parents fransaskois, en Saskatchewan, durant l’atelier, ces actions sont un vĂ©hicule pour rĂ©aliser le mandat des milieux Ă©ducatifs francophones: transmettre le patrimoine culturel en plus des savoirs. Chaque moment qui devient un ancrage francophone dans l’identitĂ© des jeunes, et aussi des adultes, passe par ces actes de transmission, qu’ils soient petits ou grands. D’ailleurs, Louise le rĂ©pète souvent: pour obtenir des rĂ©sultats durables, il faut multiplier les opportunitĂ©s. Donc, «les actions culturelles, c’est l’affaire de tous!». Â
Un levier pour les apprentissagesÂ
«Les actions culturelles sont un investissement. Vous ne perdez pas votre temps, ça va vous revenir», insiste Louise durant son atelier. Dans le feu de l’action, on oublie parfois que ces petits gestes sont de vĂ©ritables leviers pour les apprentissages. Ils nourrissent la rĂ©ussite Ă©ducative des enfants et des jeunes. Ce sont des occasions pour eux de s’exprimer librement en français et de dĂ©velopper un rapport positif Ă la langue. De dĂ©couvrir la culture francophone sous toutes ses expressions. De crĂ©er ces liens si essentiels au dĂ©veloppement d’un sentiment d’appartenance. «C’est ce qui donne le bonheur aux jeunes de venir Ă l’école.», dĂ©clare ValĂ©rie Loiselle, agente de dĂ©veloppement scolaire et communautaire au Conseil scolaire acadien provincial (Nouvelle-Écosse) et participante Ă la formation.Â
Encore plus, ces actions dĂ©veloppent le leadership. Ces activitĂ©s font bien plus que faire dĂ©couvrir la culture aux enfants et aux Ă©lèves : elles dĂ©veloppent leurs rĂ©flexes d’autonomie culturelle. Ă€ leur sortie du système Ă©ducatif francophone, ces jeunes auront l’habitude d’agir pour vivre leur francophonie au quotidien. Ă€ la maison, au travail et dans la communautĂ©. Comment y arriver? En multipliant les occasions de forger ces habitudes. «C’est Ă travers les actions culturelles qu’on amène nos jeunes Ă se responsabiliser pour le maintien de la langue.», explique Louise.Â
Des occasions Ă crĂ©er ensembleÂ
Pour poser des actions culturelles qui touchent toutes les sphères de la vie des Ă©lèves, le plus simple, c’est d’utiliser tous les contextes d’apprentissage — formels, non formels et informels. Que ce soient des activitĂ©s scolaires ou parascolaires, des partenariats avec la communautĂ©, des gestes du quotidien, toutes les occasions sont bonnes. Plus concrètement, selon le contexte d’apprentissage, des actions culturelles pourraient ressembler Ă ceci:Â
FormelÂ
- Partage de rĂ©fĂ©rents culturels dans le cours de sciences, d’éducation physique, d’arts, etc.Â
- ActivitĂ©s d’apprentissage autour d’un Ă©vènement culturel (spectacle) ou d’une visite (musĂ©e)Â
- Présentation par un conférencier ou une conférencière
Non formelÂ
- Théâtre et ligue d’improvisationÂ
- ÉvĂ©nement sportifÂ
- FĂŞtes communautaires ou rassemblements communautaires
InformelÂ
- Discussions sur l’heure du dĂ®nerÂ
- Salutations dans les corridors Ă l’accueilÂ
- Échanges sur un loisir ou un sujet d’actualité (en classe ou ailleurs)
Votre milieu compte une ou un responsable de l’animation culturelle? Cette personne pourra coordonner les activitĂ©s et soutenir les membres du personnel et les Ă©lèves dans leurs initiatives. Mais attention. Le succès des actions culturelles repose toujours sur l’engagement collectif. Tout le monde doit ĂŞtre impliquĂ© dans le processus de crĂ©ation et de rĂ©alisation. Il n’y a pas de responsable de l’animation culturelle dans votre milieu? Vous pouvez tout de mĂŞme multiplier les occasions avec un peu de leadership et beaucoup d’alliĂ©.es. Surtout parmi les enfants et les Ă©lèves.Â
Une programmation qui nous ressembleÂ
Comment faire pour aller chercher ces alliĂ©.es? En apprenant Ă connaĂ®tre les gens de votre milieu pour dĂ©couvrir leurs forces, leurs goĂ»ts, leur type de leadership, etc. Avec ces informations, vous saurez vers qui vous tourner en fonction de vos projets. Des exemples? Un enseignant de math passionnĂ© de boulangerie pourrait vouloir vous aider dans la crĂ©ation de votre festival culinaire. Une Ă©lève timide qui dessine constamment dans ses cahiers prĂ©fĂ©rera faire les affiches pour la fĂŞte de la rentrĂ©e plutĂ´t que la tournĂ©e des classes pour en faire la promotion.Â

Si les actions culturelles sont un vĂ©hicule, les connexions avec les gens en sont le moteur. Plus les profils diffĂ©rents s’impliquent — enseignantes et enseignants, directions, Ă©lèves, parents, partenaires communautaires —, plus ce moteur devient puissant. Il est important que toutes les voix s’expriment, incluant celles qui sont moins fortes, pour que chacune soit entendue. Ainsi, la programmation reflĂ©tera pleinement l’identitĂ© de votre milieu! Â
Des actions qui mènent loinÂ
«Parfois, on lance des balles et ça ne revient que bien plus tard. Ne vous dĂ©couragez jamais. On sème des graines. C’est un continuum qui commence Ă la petite enfance et qui continue toute la vie.»  Â
C’est ce que rĂ©pète Louise Ă travers son atelier. Chaque geste, petit ou grand, fait cheminer. Pendant un moment, on fait tous partie du paysage chaleureux et engageant qui borde la route sur laquelle voyagent les jeunes. C’est dans ce dĂ©cor que s’ancrent leur francophonie et leur rĂ©ussite Ă©ducative. Et pour assurer ce continuum et collaborer avec les autres milieux de la communautĂ© qui borderont le paysage de la vie de nos Ă©lèves, il suffit d’utiliser notre vĂ©hicule culturel pour construire des ponts. Â
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Ă€ propos des Stages de perfectionnement de l’ACELFÂ
 Les Stages de perfectionnement de l’ACELF rĂ©unissent annuellement des intervenantes et intervenants des milieux Ă©ducatifs francophones de partout au Canada. Cette formation vise Ă outiller les participantes et participants en vue de jouer leur rĂ´le d’accompagnement en construction identitaire. Les Stages de perfectionnement sont rendus possibles grâce Ă la contribution du gouvernement du Canada et la Commission nationale des parents francophones.Â
La francosphère en action
Inspirer. Informer. Donner tout plein d’idées. Notre blogue met en valeur les meilleures pratiques en matière de construction identitaire pour alimenter la francosphère.


















